Dans un communiqué publié le 6 avril dernier, la Ligue des droits et libertés faisait état des différents facteurs que les gouvernements doivent prendre en considération dans l’élaboration de leurs politiques de santé publique. Près d’un mois plus tard, cette analyse demeure tout-à-fait pertinente et le déroulement des événements nous permet d’ailleurs de mieux apprécier les enjeux entourant cette crise sanitaire.
Le droit à la santé inclue non-seulement le droit au bien-être physique mais aussi aux bien-être psychologique et social. Le rôle de la santé publique inclut quant à lui la protection de la santé mais surtout la promotion et la prévention. Or, on constate depuis le début de la crise que le sous-investissement chronique dans ces secteurs nous rattrape cruellement. L’érosion de la mission des CLSC au profit du développement des cliniques privées fait en sorte que les déterminants sociaux de la santé comme, par exemple, le revenu, le genre, la racisation, l’environnement, sont de moins en moins pris en compte. De plus, les aspects psychosociaux de la santé sont plutôt négligés par le système et les effets du stress, de l’anxiété et de l’isolement ont actuellement des effets non-négligeables sur le bien-être général de la population. Encore ici, les personnes qui ont accès à une assurance privée pourront avoir recours à des ressources spécialisées plus facilement que celles qui doivent compter uniquement sur le réseau publique.
Les effets du confinement sont révélateurs de certaines inégalités sociales et on voit maintenant à quel point le droit à la santé interfère avec d’autres droits humains. Pour rectifier le tir, les mesures d’aide actuelles ne devront pas être suivies d’une nouvelle période d’austérité budgétaire qui accroîtrait ces inégalités et porterait, une fois de plus, atteinte aux droits à la santé.
Pour lire le communiqué de la LDL, c’est ici!
