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40e anniversaire de l’intersyndicale des femmes

intersyndicale femmes

Le 28 avril dernier, Le Comité des femmes ainsi que deux membres du Conseil d’administration participaient à l’assemblée soulignant le 40e anniversaire de l’Intersyndicale des femmes.
L’Intersyndicale des femmes en quelques mots : En avril 2017, l’Intersyndicale des femmes soulignait son 40e anniversaire. Sa création a été un prolongement du comité inter-centrales (CEQ, CSN et FTQ) mis sur pied pour l’organisation des premières tenues de la Journée internationale des femmes, le 8 mars. Le travail du comité s’est ensuite déroulé de façon plus suivie ou sporadique, selon les besoins, au nom du premier Front commun, créé en 1971-1972 pour la négociation d’un congé maternité à l’intention des travailleuses de la fonction publique et pour la création des garderies. À la négociation de 1979-1980, ses démarches aboutiront à l’obtention d’un congé rémunéré de 20 semaines et à la constitution d’un comité d’étude sur les garderies. Pour la première fois, les représentantes de ce comité participaient, comme expertes, aux négociations de la table centrale.
Lorsque l’Intersyndicale a pris le relais et qu’elle s’est élargie à d’autres organisations, son travail a été principalement orienté sur des sujets liés aux conditions de travail et de vie des femmes, notamment à l’organisation du travail, à l’organisation de la Journée internationale des femmes au Québec, à la reconnaissance du droit au travail, à l’amélioration des conditions de vie et l’indépendance économique des femmes.
Aujourd’hui, l’Intersyndicale des femmes est composée de sept organisations syndicales, dont la FAE depuis 2013, et représente plus de 300 000 travailleuses québécoises.
Tiré de L’Intersyndicale des femmes, 40 ans de solidarité, 40 ans de lutte pour l’égalité

Réformer l’éducation avec des beignets au tofu ?

reforme education

Frankie Bernèche PH. D., professeur de psychologie du développement, Montréal

Le ministre de l’Éducation était fier d’annoncer enfin les nouvelles mesures qui auront, une fois pour toutes, les effets espérés sur la réussite scolaire de nos jeunes Québécois.

Des mesures exceptionnelles et révolutionnaires puisées en dehors de la structure habituelle des penseurs en éducation. Bref, laissons de côté les chercheurs et intervenants spécialisés en matière de motivation et de réussite scolaire et demandons à Ricardo, Pierre Lavoie et autres vedettes du petit écran de s’occuper de la question.

En effet, le gouvernement dégagera donc plusieurs millions de dollars pour appliquer des changements alimentaires, sportifs et architecturaux dans les écoles. Il est probablement vrai qu’une meilleure alimentation, de meilleures habitudes physiques et un environnement propre et agréable favorisent la motivation et l’apprentissage, mais ces facteurs sont loin d’être les plus importants lorsque l’on connaît « minimalement » les prédicats significatifs de la réussite scolaire des enfants.

En fait, miser sur des prédicats qui influencent si peu la réussite scolaire est comme se dire que repeindre le pont Champlain permettra d’en améliorer la fluidité.

Une connaissance des études prédictives (analyses de régression et discriminantes) aurait été favorable à la compréhension du ministre qui aurait réalisé que les facteurs prédictifs les plus déterminants de la réussite scolaire sont liés aux caractéristiques propres à l’enfant (par ex. ses troubles d’apprentissage et du langage, le quotient intellectuel), aux caractéristiques de l’enseignant (par ex. pédagogie, habiletés relationnelles, sensibilité aux besoins de l’enfant) et à l’environnement d’apprentissage (la tâche à effectuer, la classe, etc.).

Les réels déterminants de la réussite

Or, c’est en investissant prioritairement dans ces réels déterminants de la réussite que nous verrons de réels changements pour le bien des enfants. Mieux former nos enseignants sur le plan des habiletés relationnelles, des aptitudes à l’établissement d’un lien d’attachement significatif et réconfortant ; s’assurer qu’ils développent une approche éducative affectivo-motivationnelle de qualité après des plus jeunes.

Investir massivement dans la formation et l’embauche des intervenants spécialisés en mesures d’appui (psychoéducateurs, orthopédagogues, orthophonistes, psychologues en apprentissage, etc.) et surtout préserver les mesures d’appui déjà existantes, outils indispensables à la réussite d’un nombre croissant d’élèves d’écoles primaires, secondaires et postsecondaires (notons ici que le gouvernement projette d’enlever les mesures d’appui aux élèves de 5e secondaire, l’an prochain). Une fois ces paramètres bien investis, nous pourrons alors songer à investir dans les beignets au tofu et les angles feng-shui des corridors scolaires.

En conclusion, la présentation de ce groupe de « joyeux lurons » qui allie bonne nourriture, bon sport et décorations au goût du jour témoigne davantage d’une approche populiste (voire électoraliste) que d’une approche documentée et sérieuse de la question de l’éducation. L’éducation est une des principales causes de la richesse, du sentiment de liberté et du bien-être psychologique de nos enfants devenus adultes. Ne laissons pas l’avenir de nos enfants aux soins de l’inspiration de nos vedettes, si sympathiques soient-elles.

BUDGET 2017 : un réinvestissement, mais à quel prix ?

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Le ministre des Finances, M. Carlos J. Leitao, a déposé, le 28 mars dernier, à l’Assemblée nationale, un 4e budget annonçant un réinvestissement dans le réseau de l’éducation primaire et secondaire de l’ordre de 1,8 milliards $ sur 5 ans. « Je dépose aujourd’hui le budget de l’espoir retrouvé. Cet espoir, c’est d’abord celui de nos enfants et de nos petits-enfants, à qui nous voulons redonner la capacité de faire des choix », a déclaré le ministre.

Cette déclaration du ministre a fait bondir le milieu de l’éducation et les parents! Nombre d’entre nous voient dans ce budget non pas de l’espoir, mais plutôt un avenir inquiétant pour toute une génération d’élèves qui paient chaque jour les frais des compressions engendrées par ce même gouvernement. On remet peut-être des sommes aujourd’hui dans le système d’éducation, mais ceci après avoir coupé les vivres à toute une cohorte d’enfants dans le besoin ! 

Le budget du Québec : quelques bonnes nouvelles, mais les pots cassés ne sont pas réparés!

  • Québec injecte 170 M$ supplémentaires pour le réseau d’éducation primaire et secondaire l’an prochain.
  • Plus de la moitié de ces sommes (94M$) viseront le soutien des élèves du préscolaire et de la première année, notamment en favorisant la prévention des difficultés d’apprentissage et la mise en oeuvre de plans d’intervention pour les élèves en difficultés.
  • 1 500 professionnels et enseignants spécialisés seront embauchés pour dépister et intervenir tôt auprès des élèves de la maternelle et de 1ere année manifestant des difficultés.

Un «réinvestissement» qui se veut donc rassurant pour les plus jeunes, mais alarmant pour la cohorte d’élèves actuelle
C’est le constat que dégagent les parents du mouvement Je protège mon école publique après l’analyse du budget 2017 déposé mardi dernier par le gouvernement Couillard. En effet, après des années de compressions budgétaires, le gouvernement remet enfin de l’argent dans le système public d’éducation, mais il n’y a pas là matière à soulever des applaudissements puisque ce réinvestissement n’est en fait que le fruit des coupes engendrées dans les dernières années. On prend pour redonner ensuite et on ferme les yeux sur le mal engendré! 

«Disons-le crûment. Si le gouvernement a pu engranger des surplus et «réinvestir», ce n’est pas dû à son génie comptable. C’est parce qu’il a suffisamment «désinvesti» dans les services publics au cours des dernières années pour se constituer un trésor de bonbons préélectoraux.» – Josée Legault, Journal de Québec

Le gouvernement aura effectué des compressions à hauteur de 1 milliard de dollars en cinq ans! À la lueur des chiffres énoncés, on ne peut donc pas parler de réinvestissement massif en éducation, d’autant plus que le gros des investissements est prévu pour 2020, et que le budget de l’éducation publique primaire et secondaire est loin d’être renfloué. Nous sommes loin d’un retour de l’ascenseur! Et bien des problèmes demeurent non résolus.

Les élèves du primaire (2e à 6e année) et du secondaire : les grands laissés pour compte du gouvernement Couillard.

Avec le dépôt de ce budget, le gouvernement vient certes allouer des fonds pour assurer la réussite scolaire des générations à venir, mais il fait aussi le choix délibéré d’abandonner toute une cohorte d’élèves qui sont aux prises avec des besoins qui ne seront jamais comblés, faute de financement et de services adéquats. Trop d’enfants ont été privés des services qui auraient pu assurer leur réussite scolaire au cours des dernières années. Des années qui ne pourront jamais être récupérées. Le redressement des finances publiques et les investissements annoncés cette semaine en éducation, c’est entre autres sur le dos de ces enfants, nos enfants, qu’ils ont été réalisés!

Des annonces et promesses qui ne tiennent pas la route

En scrutant bien les chiffres, on se rend compte que les ratios professionnels-élèves ne seront vraisemblablement pas améliorés, hormis pour les plus jeunes. Et des interrogations majeures demeurent : comment s’assurer que ces embauches se feront aisément, alors qu’on déplore actuellement des pénuries d’enseignants, notamment à la CSDM? Car l’austérité des dernières années aura épuisé nombre d’entre eux alors que d’autres se seront tout simplement dirigés vers le privé.

Ce budget apporte également peu de réponses et de solutions aux problèmes criants qui paralysent actuellement notre réseau d’éducation: pénurie d’enseignants et de professionnels, surpopulation dans les écoles alors qu’on prévoit l’arrivée de 13 000 nouveaux élèves à la rentrée 2017 et davantage de maternelles 4 ans… Et ceci sans parler de l’état pitoyable des écoles qui accueillent au quotidien nos enfants! S’est-on demandé comment faire autrement? Comment faire pour assouplir les règles administratives qui ralentissent le système?

C’est donc un constat déchirant que tirent les parents du budget 2017 : le gouvernement remet enfin de l’argent pour parer à des besoins urgents en éducation, mais il ne répare pas les pots cassés par ces années de compressions et d’austérité qui auront des conséquences graves sur l’avenir de toute une génération d’enfants.

Le mal étant fait, gardons l’oreille tendue vers le dévoilement attendu de la Politique sur la réussite éducative du gouvernement Couillard et espérons que des mesures concrètes et innovantes seront mises en place pour remédier aux grands enjeux qui mettent en péril la réussite éducative de nos enfants. Restons à l’écoute, restons engagés!
 

Quelques lectures intéressantes sur le sujet :

Deux enseignants par classe en maternelle et en première année

Duo Marie Grégoire et Vincent Graton : Retour sur le budget de Carlos Leitao [AUDIO FIL]

Budget du Québec – Les ministres Proulx et Leitao n’ont pas répondu aux appels pour les besoins particuliers de la CSDM

Budget Québec 2017 : de l’argent frais pour partir du bon pied à l’école – Le réinvestissement est toutefois jugé insuffisant par certains

Après l’austérité, les baisses d’impôt : « Je l’assume entièrement » – Carlos Leitao

Atelier-causerie sur les femmes et le vieillissement

causerie22mars17

Le 22 mars dernier, le Comité de la condition des femmes de l’APRFAE accueillait quelques membres qui avaient répondu à leur invitation à participer à un Atelier-causerie sur les femmes et le vieillissement. L’animation était assurée par des femmes d’expérience, Mesdames Diane Richard et Lise Gratton, toutes deux représentantes du Centre des femmes Marie Debout. Par plusieurs moyens, les participantes ont pu exprimer leurs inquiétudes, leurs visions ou leurs appréhensions face au vieillissement. Une réflexion sereine et originale face à cette fatalité dont tout le monde redoute.

Plusieurs d’entre elles ont exprimé leur grande satisfaction sur le déroulement de l’après-midi. Pour remercier les animatrices de leur grande générosité et du temps consacré à la préparation et à l’animation (offert bénévolement), l’APRFAE a fait l’acquisition d’une vidéo et d’un livre produits par le Centre Marie Debout et a fait un don de 200$ puisque le centre n’a aucune subvention.

 

 

lettre de bienvenue

Les membres du Conseil d’administration ainsi que les membres du personnel de l’APRFAE vous souhaitent la bienvenue dans notre nouveau site. Deux critères ont prévalu lors de la conception du site : simplicité et sobriété. Vous constaterez que ces deux objectifs sont atteints en naviguant sur le site. Inspirés par les couleurs de notre logo, nous présentons une information diversifiée et facile d’accès.

Malgré tous nos efforts, le site est certainement perfectible. Mais la souplesse de la plate-forme utilisée nous permettra de corriger rapidement les coquilles (on en trouve toujours…) ou d’ajouter des éléments pour l’enrichir.

Tous nos remerciements au comité qui a travaillé sur le site : Bernard Gendron, administrateur et responsable du site WEB au Conseil d’administration, Danielle Turgeon, secrétaire de l’APRFAE mais également webmestre et Nicole Frascadore, présidente et responsable du dossier informatique. Un merci particulier à notre technicienne, Chantal Couture, qui a su nous guider, nous conseiller et même réaliser certains de nos rêves.

Le système public

L’urgence de bonifier le système public | Le Devoir

À l’heure actuelle, le Régime des rentes du Québec et le Régime de pensions du Canada couvrent environ 25 % des revenus d’avant la retraite.

La bonification des systèmes de retraite publics devrait relever à au moins 40 % le taux de remplacement du revenu préretraite, augmenter le maximum des gains admissibles à au moins 69 900 $ et renforcer l’appui aux personnes à faible revenu.

À quelques semaines des discussions entre le ministre fédéral des Finances et ses homologues provinciaux sur les façons d’améliorer le système, voilà ce que propose l’économiste Ruth Rose, professeure à l’Université du Québec à Montréal pendant 35 ans dans un document d’analyse de l’Observatoire de la retraite. L’Observatoire, dont les partenaires sont principalement issus du monde syndical, a été mis sur pied par l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC).

« Là où ils sont rendus, Ottawa et les provinces n’ont pas le choix d’arriver à un projet concret d’ici la fin de 2017, et ensuite, la mise en vigueur prendrait au moins trois ans », dit Mme Rose.

À l’heure actuelle, le Régime des rentes du Québec et le Régime de pensions du Canada couvrent environ 25 % des revenus d’avant la retraite. Les taux de cotisation sont respectivement de 10,65 % et 9,9 %, assumés à parts égales par les employés et les employeurs.

La Sécurité de la vieillesse, disponible à 65 ans pour tous, épaissit le coussin un peu, alors que le Supplément de revenu garanti prévoit des sommes pour les personnes à faible revenu. Le reste vient des régimes de retraite gérés par les employeurs et l’épargne personnelle.

Voici ce que cela veut dire, en termes concrets : le Régime des rentes du Québec offre un maximum de 13 110 $, alors que la Sécurité de la vieillesse fournit 6846 $. Le Supplément de revenu garanti peut épaissir un peu le coussin dont dispose une personne à faible revenu vivant seule.

Renforcer le système

Depuis quelques années, cependant, les administrateurs de régimes, les regroupements de retraités, les actuaires et les élus cherchent à renforcer le système. Ce souhait s’accompagne d’un contexte où la volatilité des rendements, l’allongement de l’espérance de vie et la pauvreté des personnes âgées sèment l’inquiétude.

Exaspéré par la lenteur des pourparlers avec Ottawa, le gouvernement ontarien est allé de l’avant en 2015 avec son propre système de bonification du régime public, auquel les entreprises devront commencer à cotiser en 2018. La province veut couvrir 40 % des revenus, ce qui coûterait une cotisation supplémentaire de 3,8 %. Le début du financement était d’abord prévu pour 2017 mais la province a récemment annoncé un report, cela ayant pour but de permettre la tenue de discussions.

Mme Rose, dont la proposition mélange des éléments des principales idées sur la table, n’a pas procédé à une analyse actuarielle. Mais elle croit que sa propre proposition entraînerait un coût se situant entre 3,3 % et 3,8 % pour les gains admissibles se situant sous 54 900 $, et entre 6,6 % et 8,3 % pour les gains supérieurs à cela. L’entrée en vigueur se ferait sur 15 ans.

Elle suggère notamment de fournir de l’air frais aux personnes à faible revenu : l’exemption de cotisation sur les premiers 3500 $, qui s’applique à tout le monde, serait augmentée à 15 000 $. « C’est un des éléments les plus importants. De toute manière, les gens qui ont de faibles revenus pendant leur vie active ont un bon taux de remplacement de revenu à la retraite. Ça demanderait une subvention du gouvernement fédéral pour assurer une rente minimum [de 2150 $] pour les gens qui ont eu des revenus moyens de carrière inférieurs à 15 000 $. »

Cette aide du gouvernement fédéral s’explique par le fait qu’une hausse de l’exemption ferait diminuer les montants qu’il dépense au chapitre du SRG, a dit Mme Rose.

Une myriade d’autres propositions ont été avancées au cours des dernières années, de l’incitation à l’épargne volontaire à une majoration générale des régimes publics. Tous ne s’entendent pas sur le taux de remplacement à viser, de même que la période d’entrée en vigueur.

Une de ces idées, avancée par la FTQ et le Congrès du travail du Canada, consisterait à relever le taux de remplacement à 50 %, alors qu’une idée qui circulait chez les ministres des Finances en 2013 reposait sur une amélioration du taux de remplacement à 35 % et une augmentation du maximum des gains admissibles. Ce maximum se situe actuellement à 54 900 $.

Le ministre québécois des Finances, Carlos Leitão, n’est pas contre l’amélioration des régimes publics. « Ce ne sont pas tous les groupes de travailleurs qui ont besoin d’une amélioration du régime de pension », a-t-il prévenu toutefois en décembre 2015, cité par La Presse canadienne. Il serait ainsi « potentiellement » pertinent d’améliorer le système de prestations pour ceux dont le revenu annuel oscille entre 50 000 $ et 75 000 $, a-t-il signalé.

LES ÉCOLES PRIVÉES DU QUÉBEC À L’ABRI DE L’AUSTÉRITÉ

Par
Le monde scolaire québécois est parcouru par une séparation nette entre le réseau public et les écoles privées. Après l’application des mesures d’austérité par le gouvernement Couillard, il appert que les écoles privées ressortent de ces dernières années de coupes avec un positionnement qui les avantage encore plus qu’avant comparativement aux écoles publiques. Dans une note publiée hier, j’ai réalisé une analyse comparative des revenus des écoles privées et publiques, et les résultats sont limpides : les écoles privées ont traversé beaucoup plus facilement cette période difficile.
Tout d’abord, en faisant le portrait des transferts gouvernementaux des quinze dernières années, on s’aperçoit que les écoles privées étaient mieux préparées pour affronter les années d’austérité. De 2001-2002 à 2015-2016, ces transferts avaient augmenté de 18 % au privé contre 11 % au public. Cet avantage marqué pour le privé est encore plus important lorsqu’on prend en compte leurs revenus totaux, qui ont grimpé de plus de 40 %. Ces chiffres portent à croire que les établissements d’enseignement privés avaient les reins plus solides et étaient davantage prêts à supporter les compressions.Ensuite, des sources de revenus plus diversifiées ont permis aux écoles privées de mieux s’adapter aux aléas du financement gouvernemental. Alors que les commissions scolaires sont dépendantes à plus de 75 % des transferts gouvernementaux du ministère de l’Éducation, les écoles privées, elles, peuvent compter sur un plus large éventail de sources de revenus. Par exemple, les « contributions des élèves » (droits de scolarité) représentent 29 % de leurs revenus; leurs « revenus généraux », 16 % et les « dons », 5 %. Cette diversification les prémunit contre les courses au déficit zéro et autres objectifs de compressions imposés par Québec.Pour bien comprendre la différence entre l’exposition des écoles privées et des commissions scolaires aux compressions, il est intéressant de relever que, en 15 ans, les années de coupures n’ont pas eu les mêmes conséquences dans chaque secteur. Du côté du privé, à trois occasions leurs subventions en provenance de Québec ont baissé. Cependant, à chaque fois, la diversification de leurs revenus a fait en sorte que leurs revenus totaux ont tout de même augmenté.À l’opposé, les quatre années durant lesquelles le financement public des commissions scolaires a chuté ont résulté en un recul de leurs revenus totaux. En clair, le privé peut compenser les coupes tandis que le public n’a pas cette marge de manœuvre. Le bilan de l’austérité aura donc été d’accroître les écarts de financement à l’avantage du privé.Il est également important de mentionner que la population fréquentant les écoles publiques ne ressemble en rien à la « clientèle » du privé. Les écoles privées ont la possibilité de procéder à un écrémage de leurs élèves en ne sélectionnant que les « meilleurs éléments ». Ceux-ci nécessitent beaucoup moins de suivi que les élèves avec des troubles d’apprentissage ou provenant de milieux plus défavorisés.De plus, de 2001-2002 à 2012-2013, le taux d’élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA) est passé de 12 % à 22 % dans le réseau public alors qu’il se situe à moins de 5 % dans les écoles privées. Pour la même période, la formation professionnelle dans le secteur public a également augmenté de 25 % et la formation des adultes de 13 %. La responsabilité éducative qui incombe aux écoles publiques est nettement plus complexe et exige conséquemment des ressources supplémentaires.Une tendance se démarque clairement : autant pour les centres de la petite enfance (CPE) et les CLSC que les commissions scolaires, le gouvernement libéral laisse tous ses réseaux publics se détériorer au profit de l’essor d’établissements privés, qui opèrent selon leurs propres objectifs et suivant leurs propres intérêts. Cette orientation n’a rien de rassurant pour l’avenir.

L’école québécoise

CLASSROOM

L’école québécoise est la plus inégalitaire au pays, selon un rapport

Les écoles québécoises sont les plus inégalitaires au pays, déplore un rapport qui critique durement le gouvernement.

Dans son tout dernier rapport, le Conseil supérieur de l’éducation estime que la “justice sociale” et les valeurs défendues collectivement sont mises en péril à l’école.

Selon cette instance de réflexion, il est temps de remettre le “cap sur l’équité” en éducation et la “justice scolaire” au calendrier politique.

Mercredi, la Coalition avenir Québec (CAQ) y a vu le bilan de 13 années de gouvernement libéral, mais le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a balayé les critiques.

Le rapport constate que “la différence de performance entre les élèves des écoles défavorisées et ceux des écoles favorisées est toujours sensiblement plus importante au Québec que dans les autres provinces ou régions du Canada”.

La “multiplication des programmes particuliers sélectifs et des établissements privés entraîne des inégalités de traitement au bénéfice des plus favorisés”, poursuit-on.

Le Conseil supérieur de l’éducation prône des investissements du gouvernement pour offrir “une qualité satisfaisante dans tous les établissements”, et créer ainsi une plus grande mixité sociale et scolaire.

Il juge que le système d’éducation au Québec accentue les inégalités au détriment des élèves issus des milieux défavorisés.

L’organisme impute les inégalités à la forte présence des écoles privées au Québec et à la concurrence des écoles secondaires publiques à vocation particulière.

Le rapport de 105 pages signé par la présidente par intérim du CSE, Lucie Bouchard, conclut qu’il y a tendance à regrouper les élèves selon leur profil scolaire et socio économique. Il en résulte une ségrégation menant à un système d’écoles à plusieurs vitesses.

Le Conseil supérieur de l’éducation précise que le pourcentage des élèves fréquentant des écoles publiques à vocation particulière est en constante progression.

De plus, c’est au Québec que la proportion d’élèves allant à l’école privée est la plus importante au Canada, à 21,5 pour cent, contre 7,8 pour cent pour l’ensemble du Canada. L’école privée est subventionnée au Québec alors qu’elle ne l’est pas ou peu dans les autres provinces.

Parallèlement, la classe ordinaire au Québec a intégré davantage d’élèves en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage: leur proportion a augmenté de 13,6 à 20,8 pour cent de 2003 à 2013.

Mme Bouchard affirme que la concentration des populations défavorisées ou d’élèves moins performants au sein de certaines écoles constitue une injustice.